Pourquoi l'ombre ?

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Aller vers nos ombres, c’est à dire aller vers ce qui nous est lourd et handicapant, voici ma proposition. Guère attirant me direz-vous mais je propose d’aller vers nos ombres avec une conscience neuve, en jouant avec elles comme dans un théâtre.

Nous amuser de notre petitesse avec tendresse.

Il ne s’agit que d’offrir un autre regard à qui nous sommes.
Il ne s’agit que de dédramatiser les différents rôles dans lesquels nous nous engageons parfois.

Cela paraît difficile mais il y a toujours un sourire qui se lève, un apaisement qui se crée, et ultimement, une libération totale qui se révèle après avoir plongé dans notre boue. Souvenez-vous d’où vient le lotus !
Et plus nous y plongeons dans la boue, moins, nous en avons peur.

Combien sommes nous à faire comme si nous étions dans la caverne de Platon, nous identifiant à notre ombre, agrandie par la puissance de notre propre lumière.
Je sais que cela fait peur et que c’est là sans doute la plus grande peur, celle de regarder notre vérité. Mais tant que nous ne nous confrontons pas à notre peur -qui n’est qu’un théâtre d’ombres projetées sur le devant de la scène- c’est elle qui nous prend à la gorge, qui nous contracte le cœur, qui chahute nos intestins.

A la question : « Croyez-vous à une possible 3ème guerre mondiale ? », C. G Jung a répondu :
« Plus nous serons à travailler sur nos ombres, moins sera possible l’éventualité d’une 3ème guerre mondiale »

Cela nous remet face à notre propre responsabilité (être capable d’une réponse) et à faire comme le petit colibri*, tout ce qui est à notre mesure pour sauver la forêt de l’inconscience d’un feu destructeur.

* La légende amérindienne du colibri repris par Pierre Rabhi : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. »